Ateliers de sensibilisation et de formation à OpenStreetMap et à la géomatique libre à Antananarivo

Avril 2019

Madagascar a été incluse dans le projet CarteInnov à partir de 2017 et des ateliers de renforcement de capacités OSM et géomatique libre avaient été organisés avec le soutien financier de la DFEN par des experts des Libres Géographes et de la communauté OSM Magalasy du 18 au 30 juin 2018 à Antananarivo dans les locaux d’Habaka et du Centre d’Information et de Documentation Scientifique et Technique (CIDST). Ces nouveaux ateliers organisés en 2019 du 15 au 27 avril ont visé à consolider et développer les savoirs techniques transmis l’année précédente.

Deux ateliers parallèles au CNF pour des publics différents

Deux ateliers ont été organisés en parallèle dans deux salles attenantes du CNF d’Antananarivo. L’un a été dédié à des bénéficiaires de niveau intermédiaire ayant déjà une expérience avec OSM (notamment certains anciens bénéficiaires des ateliers organisés l’année précédente à Antananarivo) et l’autre à des bénéficiaires novices, débutants en cartographie numérique libre (OSM).

Ces deux groupes de bénéficiaires interviennent par ailleurs activement à Madagascar dans les champs de la géomatique, du libre ou des NTIC au sein des milieux gouvernementaux (Cellule de Prévention et Gestion des Urgences (CPGU), Autorité pour la Protection contre les Inondations de la Plaine d’Antananarivo – APIPA, Autorité Routière de Madagascar – ARM, Centre National Recherche sur l’Environnement – CNRE, Office de Régulation de l’Électricité, Ministère de la Santé Publique / Service de Santé et Environnement), universitaires (étudiants en géographie, en environnement ou en agronomie), de la société civile (associations Ifaharana et OSM Madagascar, tiers-lieu Habaka), du secteur privé, des communautés d’intérêts ou encore d’individus travaillant dans l’aide au développement et l’action humanitaire.

La première semaine a été consacrée à l’apprentissage (groupe débutant) ou la révision et le renforcement (groupe intermédiaire) des techniques de cartographie du projet OpenStreetMap afin que les deux groupes d’apprenants maîtrisent les différentes techniques de cartographie du projet OSM pour enrichir sa base de données géographiques libre.

Création de données ouvertes en milieux urbain et rural

Cet apprentissage a été réalisé à la fois sur le terrain en cartographiant des points d’intérêt aux abords de l’université en mobilisant à l’aide des applications mobile OSMTracker et OsmAnd. L’essentiel des contributions a cependant été réalisé à distance à l’aide d’imagerie satellite à haute résolution, de manière collaborative et coordonnée, sur deux zones différentes de Madagascar.

Le premier projet a concerné une zone de 250 km² autour du lac Itasy au sud-ouest d’Antananarivo, à la demande de la Coopération décentralisée de la région Nouvelle Aquitaine – Itasy, qui travaille à résoudre le contexte de surpêche du lac et de prévalence de la bilharziose. Ce projet collaboratif a fait l’objet d’un mapathon organisé sur une journée et demie, suivi de séances de complément et contrôle qualité. Ce mapathon a suivi les nouvelles règles de la Fondation OpenStreetMap en ce qui concerne les éditions organisées, à travers la création d’une page spécifique dans le wiki OSM présentant le mapathon, ses participants ainsi que les outils de cartographie et de contrôle de qualité utilisés. Au terme de ce travail commun, le service de détection d’erreurs Osmose ne détecte plus aucune erreur de niveau élevé :

Le second projet a concerné une périphérie urbaine d’Antananarivo à laquelle le temps dit de « maptime » a été consacré à chaque début de journée de la deuxième semaine de formation. Ces deux projets aux objectifs et contextes (urbain/rural) différents ont permis aux participants d’appréhender différentes techniques de cartographie sur imagerie. Le flux de travail associé à ce cas concret a démontré à l’ensemble des participants toute la valeur de la contribution à un bien commun numérique libre tel qu’OpenStreetMap.

Une deuxième semaine consacrée à la réutilisation des données ouvertes

La seconde semaine a vu les deux groupes de bénéficiaires poursuivre des apprentissages centrés sur la réutilisation de la donnée OSM couplée à des données géographiques ouvertes ou d’accès restreint avec les outils de géomatique libre QGIS, uMap et geOrchestra. Il a été fait principalement usage des chapitres du Guide de la Géomatique Libre et de la Donnée Ouverte dédiés à ces outils, produits notamment avec le concours de l’OIF/DFEN.

Le premier jour a été consacré d’abord à un retour sur le mapathon du vendredi précédent pour analyser les résultats et corriger certaines erreurs décelées lors de la phase de validation, puis à la découverte de services d’extraction de la donnée OSM sous format SIG (GeoFabrik Downloads, HOT Exports) à différentes échelles (le pays en entier et un focus régional, ici centré sur la région autour du lac Itasy), ainsi que la prise en mains de QGIS, en présentant les différences d’interface entre la version 2 et la nouvelle version 3.

Les deuxièmes et troisièmes jours ont été dédiés à la mise en place d’un SIG utilisant les données locales issues du focus régional sur le lac Itasy, utilisant le système de fichiers promu par le guide sus-nommé, ainsi que les styles de couches conçus par Les Libres Géographes pour QGIS afin d’établir un SIG solide et de constituer des cartes thématiques et imprimables. Au terme de la troisième journée, les bénéficiaires des deux groupes ont réalisé leur première carte thématique respectant les standards de la sémiologie graphique et des mises en page cartographiques. Ils ont également appris à utiliser les extensions OSMEditorRemoteControl et QuickOSM, qui favorisent un cycle de la donnée OSM au sein de QGIS en permettant respectivement de revenir facilement au logiciel d’édition JOSM depuis le logiciel QGIS en cas de manques ou erreurs constatés sur la donnée lors de la réalisation d’une analyse ou la constitution d’une carte, et d’obtenir en une minute depuis QGIS une mise à jour des données issues de la base OSM hébergée dans les nuages.

L’avant-dernier jour a permis le matin d’aller plus loin dans QGIS : le groupe débutant a appris à créer une couche thématique vectorielle hors OSM en passant par les étapes de la conception d’un modèle de données puis de l’élaboration de la table attributaire, le paramétrage du formulaire de saisie d’attributs ; le groupe intermédiaire s’est vu proposer un parcours de découverte de l’analyse spatiale à travers les analyses en zones tampon, la sélection par localisation, les polygones de Voronoï et les principes de l’extension InaSAFE, en s’appuyant sur les chapitres dédiés du Guide de la géomatique libre et de la donnée ouverte. L’après-midi, les participants des deux groupes ont découvert le service en ligne de cartographie dynamique libre uMap, et le service de requêtage et d’extraction Overpass pour OSM, qui a permis de créer des cartes dynamique uMap hébergeant des jeux de données OSM extraits ou affichant selon un style personnalisé le résultat des requêtes Overpass.

L’apprentissage de uMap s’est terminé dans la matinée du dernier jour, samedi 27 avril, pendant lequel les deux groupes ont été réunis dans la salle principale de formation. Le dernier maptime a également permis de faire un ultime retour sur les contributions de chaque bénéficiaire sur l’ensemble de ses contributions sur les deux projets de cartographie collaborative utilisés dans le temps des ateliers. L’après-midi a été consacré à l’enseignement de geOrchestra, d’abord sous forme de démonstration afin d’expliquer le concept d’Infrastructure de Données Spatiales, les modules de geOrchestra, et l’intérêt de pouvoir partager des jeux de données de référence munis de métadonnées détaillées sous des standards interopérables. Ensuite, l’équipe de formation a organisé un atelier pratique au cours duquel les bénéficiaires ont intégré dans Pydio, paramétré dans GeoServer et exploité dans le visualiseur MapFishApp et dans QGIS (sous forme de WMS et de couche shapefile téléchargée) les données OSM récupérées auparavant via Overpass.

Des ateliers de formation internes à l’équipe

Sur le lieu d’hébergement de l’équipe de formation, les fins d’après-midi, une partie des soirées ou encore les jours de relâche ont permis d’organiser plusieurs séances de formation internes portant sur la présentation de styles de couches élaborés et de mise en pages complexes dans QGIS, la mise en œuvre d’un projet de collecte de données reposant sur l’application Android OpenMapkit, des procédures et conseils d’installation de différentes distributions Linux et interfaces utilisateur ou encore des fonctions avancées de LibreOffice Calc pour gérer la consolidation d’une base de données par rapport à un glossaire.